Les bras étirés vers le bas, ses épaules tentent impuissamment de jouer les contre- poids d’une quarantaine de litres d’eau qu’elle porte dans deux jerricans tenus, non sans forces, par ses deux mains. Le poids de l’eau la contraint à resserrer ses mains sur les anses des bidons de 20 litres chacun et à marcher chancelante.
Sur le chemin qui mène de sa maison vers la fontaine du village, la jeune femme au visage ridé par le poids des jours qui se suivent et se ressemblent, elle profite de quelques minutes de palabres avec ses connaissances du village pour poser les jerricans par terre et redresser son torse. Un petit moment de répit avant d’arriver à la maison remplir les réservoirs et refaire le même itinéraire : puiser de l’eau de la fontaine en attendant que la municipalité ne daigne s’occuper de leur calvaire.
A Msaâdane, les mieux lotis sont ceux qui possèdent encore une bête de somme. Un moyen confortable pour transporter des dizaines de litres d’eau sur des distances sinueuses. Un supplice au quotidien que vivent hommes, femmes et enfants de ce quartier dont le seul torts est d’avoir fait le choix de se détacher de l’exiguïté du village d’en haut : Ihellalene. Mais faudra-t-il encore rester étriqué à Ihellalene, ou encore à Ait Issad, le grand village aux abords de la Route nationale, pour pouvoir « s’abreuver » de l’eau de robinet ?
Rien n’est garanti quand cette denrée précieuse coule péniblement dans les tuyaux desservants quelques maisons. Pourtant, les réservoirs d’eau sont là, ils sont érigés sur des collines surplombant tous les villages qu’ils alimentent.
En hiver 2008, il n’est pas aisé de concevoir ni même d’imaginer qu’il reste encore des citoyens n’ayant pas accès à l’eau potable en Kabylie. Des milliards de dinars ont été déboursés dans le méga-barrage de Taksebt et dans les projets de transfert. D’ailleurs, c’est vers cette zone, comprise dans le premier schéma des transferts de l’eau du barrage, que se situe Ifigha, dans la daïra d’Azazga.
Ayant conscience du retard mis dans le lancement de la tranche qui devait les alimenter en eau de Taksebt, les citoyens d’Ifigha, ceux de Msaâdane et d’Ihellalene en particulier, ont appris à se contenter de ce qu’ils possèdent comme infrastructures et ressources en eau. Deux châteaux d’eau, dont l’un alimente le chef-lieu communal et les hameaux environnants et l’autre qui se déverse en gravitaire vers les foyers d’Ait Issâd et d’Ihellalene. Sauf que, en contre- bas de ce dernier, Msaâdane est royalement dépourvu.
Le problème que vivent les villageois ne date pas d’aujourd’hui. Si par le passé, le manque d’eau ne se fait sentir qu’en été, notamment pour ceux ayant des branchements datant des années 80, les autres, ceux qui ont construit depuis dans la perspective de l’extension de la zone habitable entre 1965/1970, au quartier dit Tamazirt (Msaâdane), l’eau ne parvient pas chez eux même en hiver. La bataille administrative, a débuté en 1998. Il est vrai qu’à cette époque, les démarches en vue d’être doté d’un réseau AEP ont été reléguées en second plan derrière le besoin urgent de se voir raccorder en réseau électrique et l’ouverture d’une piste carrossable. Mais les villageois commençaient à ressentir sérieusement la soif depuis 2003, date à laquelle ils entreprirent des démarches administratives auprès des autorités locales. En vain.
"Des quartiers entiers ne voient pas l'eau couler dans leurs robinets pendant au moins trois mois si ce n'est plus, tels les quartiers d'Ilekti, Tahriqt et Taêwint…" lancent comme un cri au secours les citoyens d'Ihellalene, principalement ceux du quartier Msaâdane.
8 milliards pour boire de l’eau de Taksebt
Mohand-Larbi Kaïbi, président du Comité pour l’action et la solidarité de ce quartier avoue qu’une enveloppe budgétaire avait été débloquée par les pouvoirs publics en 2003 en vue de réaliser le réseau AEP en question. Rien n’a été fait.
« C’est le projet (AEP) qui nous préoccupe en ce moment plus que tous les autres. Une enveloppe budgétaire a été débloquée en 2003 pour sa réalisation. Mais au lieu de procéder à sa réalisation selon les normes techniques reconnues, la municipalité a voulu user d’un détour pour que l’alimentation de notre quartier ne se fasse pas à partir du réservoir du village de l’administrateur communal de l’époque », explique-t-il.
D’après notre interlocuteur qui nous a convié à suivre le tracé établi par le service technique « sous les ordres de l’ex-administrateur communal », le schéma retenu et contre lequel le comité qu’il dirige maintient son opposition, ne permettra jamais à l’eau de parvenir aux maisons censées en bénéficier.
Ce tracé est, en effet, fait d’une pente allant du lieu du piquage de l’eau, localisé au centre du village Ihellalene dont dépend le quartier Msaâdane, avant d’amorcer une remontée que seule l’érection d’une mini- station de refoulement est à même de pouvoir remonter cette eau. Sauf que cela nécessitera plus d’argent que prévu étant donné que l’autorisation du programme (AP) initiale n’a prévu aucune pompe. Encore faudra-t-il que les résidants d’Ihellalene ne soient d’abord bien alimentés en eau potable via ce même réseau sujet à extension, pour que ceux censés en bénéficier reçoivent leur quota.
C’est cette crainte justement qui a fait réagir les villageois de Msaâdane, en exprimant leur opposition « à tout piquage » hors d’Ighil Tizi, un village surplombant Ihellalene et Msaâdane où est implanté le second château d’eau d’Ifigha, via des correspondances adressées à l’administrateur de leur commune, au chef de daïra d’Azazga et au wali de Tizi-Ouzou, depuis le mois de mai 2003. Résultat : aucun retour d’échos.
Pour parvenir à satisfaire leur doléance, la municipalité a mis en avant le besoin d’une rallonge financière de 130 000 DA, à en croire Mohand-Larbi Kaïbi même s’il ne croit pas à cet argument étant donné, explique t-il, la distance qui sépare leur quartier du lieu de piquage via le réseau d’Ighil Tizi est bien plus inférieure à celle choisi par la municipalité. Chose que nous avons vérifié de nous-mêmes d’ailleurs. En plus, ça nous a permis de constater, sans la moindre prétention de nous substituer au travail des agents du service technique de la mairie, que l’eau parviendra à sa destination sans peine car l’ensemble du tracé est en forme de pente. Lors de notre passage dans ce village que nous avons effectué au chef lieu d’Ifigha où nous étions étonnés de constater qu’aucun quotidien d’information ne parvient à cette commune distante de seulement 20 km du chef-lieu de la daïra d’Azazga, une rencontre a lieu entre le nouveau maire et les représentants du quartier Msaâdane. Une pure coïncidence qui nous a privé, néanmoins, d’assister aux pourparlers. Le maire qui nous a signifié gentiment l’impossibilité de nous y associer, a évoqué sa méconnaissance du sujet de requête des villageois et que cela nécessitera d’abord, selon lui, des prises de contacts. A leur sortie du bureau du maire, les villageois avaient l’air satisfait. Ils disent croire en la bonne volonté de l’édile communal de satisfaire bon nombre de leurs préoccupations, même s’ils restent prudents quant à leur concrétisation sur le terrain. Des promesses aux vieilles doléances dont quelques-unes ont l’âge du président du comité du quartier, révèle celui-ci.
Mais le plus grand secret de la satisfaction de ces villageois réside dans l’annonce qui leur a été faite par le nouveau maire à propos du projet de 8 milliards de centimes rien que pour le chapitre de l’AEP. Il s’agit de la réalisation du projet du transfert des eaux de Taksebt, inclus initialement dans le couloir du transfert Taksebt-Fréha-Azazga et qui sera prolongé, tel que prévu dans le programme, jusqu’à la commune d’Ifigha. Un chantier qui comprend également les travaux de rénovation et de l’extension du réseau de l’eau potable pour toute la localité. Néanmoins, si l’étude topographique dudit projet a été achevée l’année dernière, les villageois d’Ifigha ne puiseront de cette eau que vers la fin de l’année en cours. En attendant, ils semblent prendre leur mal de soif en patience.
M.A.Temmar
N.B: pour tout commentaire envoyer votre courriel à:
kaibily@yahoo.fr
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Le village de Msaâdane, dans la commune d’Ifigha, daïra d’Azazga, devra-t-il attendre une autre décennie, pour voir le projet d’adduction en eau potable enfin réalisé ?
C’est, en tout cas, ce qui ressort de la doléance adressée aux plus hautes autorités du pays, entre autres, au président de la République, l’exhortant à “user de ses prérogatives pour rendre ce projet réalisable”. La genèse de ce projet AEP est, on ne peut plus rocambolesque, vue la gymnastique qu’ont dû utilises les citoyens de Msaâdane, pour enfin constater que la réalisation de cette AEP est ajournée “sine die”, pis, elle est carrément délocalisée après avoir bénéficiée d’une enveloppe budgétaire.
“En 2003, l’enveloppe budgétaire portant réalisation de ce réseau était fin prête. Nous nous sommes dis, que cette fois-ci, nous aurions notre robinet. Notre bonheur a été de, courte durée malheureusement, après avoir eu l’information concernant le plan technique du réseau”, regrette amèrement le comité pour l’action et la solidarité sociale du village. Le désaccord porte principalement sur le point de piquage, un débat public fut lancé à ce sujet et a abouti à la désapprobation unanime des villageois. Ils expliquent qu’une “opposition à tout piquage hors d’Ighil Tizi pour ce qui est de l’extension du réseau AEP au quartier de Msaâdane” est irréversible. Néanmoins, une solution alternative a été soumise, après que le comité pour l’action et la solidarité sociale du village, ait rencontré le chef de daïra, précise M. Kaïbi Mohand, membre du dit comité. Cette solution, explique-t-il, consiste à réétudier le plan technique. Mais là, un inconvénient a ressurgi, concernant la nécessité d’une rallonge budgétaire, vue que l’enveloppe octroyée ne peut suffire au plan suggéré par les villageois. Deux ans ont passé, sans qu’aucune réponse à l’opposition n’est été donné par les autorités aux concernés, dira M. Kaïbi. Et depuis lors, les femmes de Msaâdane continuent de braver la chaleur de l’été, le froid, ainsi que les pluies d’hiver pour se ressourcer en eau potable à l’unique source du village. Pis, elles doivent aussi peiner sous la charge des jerricans, portés sur leur tête, pour faire parvenir ce liquide précieux à leurs demeures. Par ailleurs, le comité pour l’action et la solidarité sociale de Msaâdane, s’appuient sur l’intervention du chef de l’Etat pour la réalisation d’autres commodités, nécessaires à l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Il s’agit, entre autre, de l’éclairage public et le bitumage de la piste, menant aux habitations. Ce dernier est considéré comme second projet majeur, pour désenclaver le village. Cela permettra, selon le comité, d’éviter au citoyen de marcher sur un kilomètre pour joindre leurs domiciles, de garer leurs véhicules chez eux, évitant ainsi le risque de vol mais surtout pour évacuer les malades et les blessés à l’hôpital, alors que le village est connu pour ses nombres très importants d’accidents agricoles et domestiques. A ce propos, M. Kaïbi nous relate la triste histoire d’un maçon, père de famille qui n’a pu être sauvé après sa chute d’un balcon. Son évacuation très lente, via la piste, vers l’hôpital d’Azazga n’a pas été salutaire pour la survie de cet homme. M. A. T.
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Le 24/01/2007.
A
Monsieur Abdelmalek Sellal
Ministre des ressources en Eau
Objet : Un autre château d’eau à « Ighil Tizi » qui Alimentera conjointement Msaâdane ainsi que d’autres quartiers du village « Ihlalène ».
Monsieur Le Ministre,
Croyant à votre volonté de trouver des solutions efficaces et durables dans un secteur comme le votre, nous avons l’honneur de solliciter votre haute et bienveillance à répondre à nos doléances exprimées dans cette modeste lettre que nous avions voulu vous adresser par Internet durant l’émission « mountada » de la télévision algérienne du mois de janvier 2007.
Mais avant toute chose, nous tenons à vous inviter à un voyage géographique et historique au quartier de Msaâdane. Ce dernier fait partie du village d’Ihlalène sis au village d’Ait Issad dans la commune d’Ifigha, et ce, à 15kms d’Azazga. Il a été habité quelques années seulement après l’indépendance (1965).
Malgré la nette évolution du quartier sur le plan démographique, il y’a lieu d’insister sur le fait que le quartier s’est stagné-immobilisé pendant une quarantaine d’années (1965-2000). Une période où rien presque n’a été réalisé ni par les autorités de l’état ni par les comités de village qui se sont succédés à tour de rôle. Cacher une vérité pareille ressemble à celui qui tentera de « cacher le soleil par un tamis » (am win i t effer en ittij s ugherbal ». nous exprimons ça tout en espérant ne pas avoir à payer d’amende comme c’était de coutume dans nos sociétés archaïques à chaque fois qu’on ose ouvrir notre bouche.
Le quartier a connu une nette évolution grâce à quelques acquis, non des moindres, tels :-le réseau d’assainissement en 2001-le réseau électrique en 2003-les caniveaux d’évacuation des eaux pluviales en 2004 et enfin le sablage de la piste menant aux habitations en 2006.
Revenant maintenant au réseau AEP au sein de notre quartier. Un projet qui nous préoccupe en ce moment plus que tous les autres. Il faut que l’opinion publique sache qu’une enveloppe budgétaire a été débloquée en 2003 pour la réalisation du dit projet. Une assemblée générale a été même organisée au sein du quartier durant le mois de Mai 2003 dont l’ordre du jour était : la position à prendre vis-à-vis de la façon dont le projet va être réalisé. Après un débat libre avec les citoyens du quartier, ces derniers nous ont chargés de la rédaction d’une lettre ayant pour objet : opposition à tout piquage hors d’Ighil Tizi. Nous ouvrons ici une parenthèse pour dire à nos concitoyens d’Ighil Tizi que nous nous voulons qu’un château d’eau à partir duquel l’eau nous sera acheminée. Nous ne voulons en aucune manière vous piquer ce qui vous revient de droit mais nous exigeons simplement le droit d’avoir des droits comme tout le monde. Une position que nous avons tenu à défendre devant le chef de Daïra d’Azazga lors d’une réunion de travail à laquelle il a convié les comités de villages de la commune d’Ifigha en mai 2003, et ce, en présence de l’administrateur de la commune d’Ifigha qui n’est autre que notre actuel président d’APC.
Un bref rappel historique concernant l’exégèse de ce projet rafraîchira nos mémoires qui ont tendance à oublier. La première étude technique a été réalisée durant le mandat de Mr Ouadi Belkacem ex-président d’APC. Cette étude a d’ailleurs fixée le point de piquage au lieu dit « l’arrêt d’Ighil Tizi » à côté de
Deux solutions ont été dés lors envisagés par l’administrateur de la commune lui-même et qui sont les suivantes :
1- Prévoir une nouvelle conduite qui acheminera l’eau à partir du château d’eau (Ighil Tizi) du moment que le piquage ne peut pas se faire techniquement. Une telle solution ne peut être adoptée vue que l’enveloppe budgétaire débloquée ne peut suffire sans une rallonge de 13 millions de centimes.
2- Autre solution envisagée, toujours par l’administrateur de la commune, c’est de prévoir un autre plan d’acheminement de la conduite AEP avec un autre point de piquage au lieu dit « acharchor » (au centre du village d’Ihlalène). La conduite, quant à elle, sera acheminée vers Msaâdane via Timizart bwadda. Une solution adéquate et efficace aux yeux de l’administrateur de la commune. Parce que, d’une part, nous n’aurons pas besoin d’une rallonge budgétaire, et de l’autre part, Monsieur l’administrateur évitera le rattachement de notre réseau au (à son) village d’Ighil Tizi.
C’est cette deuxième solution justement que Mr l’administrateur de la commune a voulu mettre en œuvre, et ce, avec l’appui du chef de Daïra d’Azazga. Une solution qui arrange à nos yeux tout le monde sauf les habitants du quartier. Sans rentrer dans les détails de ce que cette solution aura pu apporter de positif aux uns et aux autres, mais pour ce qui nous concerne il était clair que si nous avions accepté une telle solution nous n’aurions droit qu’aux tuyaux rien d’autre comme c’est le cas de plusieurs quartiers au village d’Ihlalène durant l’été, et ce, depuis leurs rattachement au réseau AEP. D’ailleurs il est temps aux autorités responsables de trouver une solution à cette situation. Parce que nous voulons de l’eau que ce soit l’hiver où l’été, nous nous sommes alors opposés à tout piquage hors du village d’Ighil Tizi. Et pour que l’histoire ne se répète pas nous avons tenu à faire ce bref rappel historique.
Après avoir exprimé à l’administrateur de la commune toute notre désapprobation quant à la solution qu’il a envisagé de mettre en œuvre, il s’est montré complètement déçu de n’avoir pas pu nous convaincre. Mis à part cette déception, il n’a pas caché sa crainte de voir ce dit projet se délocaliser si justement nous avions persistés dans notre opposition. Et c’est pour éviter l’éventuelle délocalisation du projet que l’administrateur communal nous proposait une autre solution de rechange qui est la possibilité de reconvertir l’enveloppe budgétaire allouée initialement au projet AEP en d’autres projets.
C’est à partir de cette dernière proposition que nous lui avons adressé un écrit dont lequel nous avons émis le vœu de voir l’enveloppe budgétaire allouée à l’AEP se reconvertir en d’autres projets aussi vitaux pour notre quartier. Nous avons ainsi demandé en premier lieu des caniveaux d’évacuation des eaux pluviales en plus du sablage de la piste de Msaâdane « abrid el hed ». D’un point de vue strictement pragmatique, notre démarche nous paraissait tout à fait logique. Elle nous a permis au moins d’enterrer l’enveloppe budgétaire destinée à l’AEP au quartier même auquel elle a été destinée (Msaâdane).
Si le quartier de Msaâdane se plaint aujourd’hui et depuis longtemps de l’inexistence du réseau AEP, cela ne veut pas dire qu’il suffit d’avoir ce réseau pour cesser de se plaindre. Il ne faut en aucun cas perdre de vue les problèmes que connaît la distribution de l’eau en période estivale dans notre village « Ihlalène », et ce, depuis que le réseau a été inauguré. Des quartiers entiers ne voient l’eau couler de leurs robinets pendant au moins trois mois si ce n’est pas plus (tel les quartiers d’Ilekti et tahriqt taâwint…etc.). Et c’est dans l’objectif de pallier à ces problèmes de distribution et autres que nous avons réfléchis à une solution globale.
En plus du réseau AEP à Msaâdane il y’a toute la distribution de l’eau au village d’Ihlalène qu’il faut revoir. Donc nous demandons à travers cette lettre la construction d’un château d’eau à Ighil Tizi. Celui-ci alimentera conjointement le quartier de Msaâdane, qui manque de réseau AEP jusqu’à ce jour, ainsi que d’autres quartiers de notre village (Ihlalène), et ce, via la piste menant vers « Ilekti ». Une pareille solution satisfera certainement les citoyens d’Ihlalène sans qu’elle portera préjudice à ceux d’Ighil Tizi.
Dans l’attente de voir notre contribution aboutir à quelque chose de concret, nous vous prions de croire à nos désirs d’avenir.
Ihlalène, Le 24 janvier 2007.
Des citoyens soucieux de l’avenir de leur village.
Destinataires,
-Le wali de Tizi ouzou
-Le chef de Daïra d’Azazga
-Le Président D’APC d’Ifigha
-Presse écrite ( liberté, dépêche de Kabylie, …)
-Archives du quartier.
Le début de la fin d'un règne1

Le Prince de Machiavel2, une oeuvre didactique écrite dans le but d'éclairer aussi bien le peuple que les princes sur l'art de la politique. Une lecture de celle-ci au début de la fin du règne de Bouteflika s'impose. Si au début de son règne nous, pauvres naïfs de ce peuple, avons décelé quelques signes machiavéliques chez Bouteflika à travers ses discours enflammés, interviews, jeu d'alliances avec les grandes forces politiques - qu'on disait représentatives de l'Algérie -, en plus d'actions politiques qu'on peut qualifier de médiatiques, rien d'autre. Le but recherché est de redorer le blason et soigner l'image de l'Algérie que nous disons tous malade. Alors que finalement il ne soignait que sa propre image de mégalomane, si j'ose dire. J'essayerais par ce bref commentaire d'énumérer quelques manquements de sa part aux enseignements dictés par Machiavel dans Le Prince, et qui se résument dans cette suite. Manquement aux règles de la prise du pouvoir et à la manière de gouverner comme ça été indiqué du chapitre II au chapitre XI. Si la prise du pouvoir doit impérativement se faire par deux manières qui sont l'hérédité et la conquête, Bouteflika, par contre, a employé un procédé tout lâche, celui qui consistait à accepter le pouvoir au moment où tous ses adversaires politiques se sont retirés de la course électorale en 1999. En plus de ça il a même osé insister que le pourcentage dont il a été accrédité soit revu à la hausse, ce qui est en lui-même une autre lâcheté.
A partir du chapitre VI, Machiavel s'attache à la progression vers la distinction de prince, il énumère quelques manières différentes pour accéder au pouvoir suprême et qui sont le mérite, la fortune, le crime, la faveur du peuple ou des grands. Si on revient à son accession au pouvoir, cela s'est réalisé sans le mérite ni la faveur du peuple. Un manquement flagrant déjà durant son premier mandat. Est-ce qu'il a pu durant toutes ces années de règne remédier à ce manquement ? Nous lui laissons le soin de se faire une analyse objective et puis de rentrer chez lui le cas échéant s'il trouve que cela vaut la peine.
Le prince une fois au pouvoir, sa tâche consiste à le maintenir et les conditions nécessaires proposées par Machiavel sont le jeu d'alliances, le rôle de l'armée et le comportement vis-à-vis du peuple. Manquement au sens de la notion machiavélienne du jeu des alliances. Si Machiavel parle d'alliances avec les grands pour renforcer l'Etat, Bouteflika, par contre, sa conception consiste à instaurer des alliances avec les uns et les dresser ensuite contre les autres, une manière bien spéciale à lui pour renforcer l'Etat et ses institutions.
Pour ce qui est du rôle de l'Armée, à défaut de la professionnaliser et de la soutenir dans sa tâche contre le grand fléau qu'est le terrorisme, il lui a concocté ce qu'il appelle la « concorde civile », une sorte de bombe à retardement.
Une façon à lui de semer la discorde par la concorde. Et à propos du comportement vis-à-vis du peuple, Machiavel conçoit une politique du prince qui a pour fonction d'éviter le mépris et la haine du peuple. « C'est de n'être ni méprisé, ni odieux, en rendant le peuple content de vous » ; chapitre XIX. « Un souverain doit bien traiter les grands et ne se rendre point odieux au peuple » ; chapitre XIX. Ces deux passages démontrent un autre manquement de Monsieur le Président vis-à-vis du comportement à adopter à l'encontre du peuple. Un flash-back est plus que nécessaire pour le peuple afin qu'il médite la nature de ce comportement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que notre cher Président avait du mépris pour toutes les catégories de la société algérienne. Pour montrer à quel point il est méprisant, nous pouvons dire que le début de son mandat ainsi que sa fin sont caractérisés par le mépris des journalistes. Il est passé d'un mépris par le verbe (tayyabet el hammam) à un mépris par la pratique d'un harcèlement judiciaire et policier à la veille de la sortie du livre de M. Benchicou qui m'a beaucoup inspiré dans la rédaction de cet article, et dont je salue le courage au passage. Nous pouvons aussi parler du mépris d'un Président à l'encontre de son peuple à travers les événements de Kabylie où Monsieur Bouteflika n'a même pas estimé nécessaire d'intervenir au début de la crise. Il était pourtant préférable et même salutaire pour vous de mépriser ceux qui méprisaient vraiment le peuple et ses institutions, mais pardonner à ces gens, c'est là une dérive inqualifiable.
Machiavel disait dans le chapitre IX : « Le pire qu'un souverain puisse craindre de la part du peuple, c'est d'en être abandonné. » Le pire à craindre, Monsieur Bouteflika, je crois, est maintenant arrivé. Ce qui me laisse dire que la fin d'un mandat trop controversé, que le vôtre vous impose, serait par moralité de mettre fin à votre règne au lieu de chanter les gloires en période de précampagne électorale.
Kaïbi Mohand-Larbi, PES de philosophie
1-Article paru dans Le journal "Le MATIN" du 07-03-2004
2- "Auteur du Prince, Niccolò Machiavelli, florentin et démocrate, dut faire face à la coalition du Pape, des Espagnols et des Vénitiens ligués pour restaurer le pouvoir ducal des Médicis, contre la fragile République de Florence. En faire le suppôt des tyrans et un prévaricateur de la politique, ainsi que le voient ses critiques moraux, c’est feindre de ne pas comprendre un texte dense et réfléchi, résultat d’une expérience vécue et de lectures approfondies, dont le legs qu’il nous fit nous amène à repenser la politique d’une façon plus lucide et, en même temps, à choisir non seulement la liberté, mais les efforts nécessaires pour la garder." (Pierre Cohen-Bacrie, Machiavel, 1469-1527